On a pathologisé le doute. On lui a donné un nom clinique : le syndrome de l'imposteur, et on en a fait un problème à résoudre.
C'est une erreur d'analyse.
En psychologie cognitive, l'effet Dunning-Kruger établit quelque chose de précis : les individus les moins compétents surestiment systématiquement leurs capacités. Pourquoi ? Parce qu'ils n'ont pas encore le niveau pour mesurer ce qu'ils ignorent.
Le doute, lui, arrive exactement au moment où l'expertise s'installe.
Plus on sait, plus on voit l'étendue de ce qu'on ne sait pas encore. C'est mathématique. Ce n'est pas de la fragilité : c'est de la lucidité.
Ceux qui n'ont jamais douté ne manquent pas de confiance.
Ils manquent de recul.
La seule question qui mérite d'être posée : est-ce que ce doute aide à mieux décider ou est-ce qu'il paralyse ? L'un est un outil. L'autre est un frein.